Bilan un an après : trajectoire crypto-idéologique

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Après un peu plus d’un an dans les crypto-monnaies, retour sur notre parcours et notre évolution crypto-idéologique

1ème phase : séance de rattrapage

L’histoire a commencé par un rattrapage, car quand nous nous y sommes mis sérieusement, au printemps 2017, c’était notre second essai.



Le première avait eu lieu quelques années plus tôt, à l’époque où un petit investissement « pour voir » aurait pu nous rendre bien plus riches aujourd’hui. Mais voilà, à l’époque la difficulté du sujet nous avait vaincus. Incapables de vraiment rentrer dedans, infoutus de comprendre le début du pourquoi du comment du bitcoin, nous avions vite laissé tomber.

C’est une amie, plutôt douée pour sentir les bons coups, compétente pour détecter les trucs un peu fous du moment mais susceptibles de cartonner plus tard, qui nous remit en selle en nous demandant un beau jour :
– Au fait, tu mines toi ?
– Quoi, des bitcoins ? Non. Je ne capte rien à ces trucs. En plus, la seule chose que j’ai comprise à son propos est que le minage des particuliers est de toutes façons terminé. Alors bon..
– Oui, mais aujourd’hui il existe plein « d’autres bitcoins », comme Ethereum par exemple… C’est un truc pour toi ça, tu devrais t’y mettre.

Et c’était parti. On allait monter dans le train en marche, on allait participer à la grande « ruée vers l’or numérique » de 2017.

Immédiatement, on passait un paquet d’heures à étudier comment miner, quoi miner, et avec quel matériel. On écumait ensuite les revendeurs informatique en ligne ainsi que la rue Montgallet. Et très vite, évitant d’assez peu la grande rupture de stock des cartes graphiques PC, on lançait fièrement notre minage Ethereum.

Ca faisant, c’est comme si, sur un coup de tête, nous avions sauté à pieds joints (et investi…) dans un nouveau monde restant à découvrir.

On abordait en plus ce nouveau continent par ses aspects techniques, et indirectement financiers puisque le but était de gagner des sous, sans trop comprendre de quoi il s’agissait sur le fond. On avait lancé un mining-rig avant-même d’avoir compris la théorie du minage et de la blockchain, sans même trop savoir ce qu’on minait.

2ème phase : en pleine crypto-hype joyeuse

Mais qu’importe puisqu’en ce printemps et cet été 2017 l’ambiance était à l’euphorie ! Où que l’on regarde, c’était « devenez riches maintenant grâce aux crypto-monnaies ». Chaque jour voyait apparaître sa nouvelle crypto-monnaie qui allait à coup sûr changer le monde, détrôner le bitcoin, et vous permettre de faire la culbute !

Rien que ça.

Le mot à la mode était « blockchain ». Du public aux politiques peu de gens savaient de quoi il s’agissait, mais la blockchain était le machin informatique qui allait tout bouleverser, jusqu’à amener la paix dans le monde et soigner les hémorroïdes.

L’autre mot magique était « décentralisation ». Tout devait être décentralisé. La décentralisation c’était bien.

Bref, c’était la fête. Déjà un bon vieux temps insouciant où l’on commençait à être matraqué par le spam Bitconnect sans que cela ne choque personne (ou si peu…), au contraire…

3ème phase : un peu de sérieux s’il vous plait…

Même si notre but était de gagner de l’argent, une forme d’intégrité (n’ayons pas peur des mots…), ou un besoin minimum de sérieux, nous poussait à vouloir comprendre les choses un peu plus en profondeur. C’est bien beau d’avoir l’impression de faire partie d’une révolution, mais encore faudrait-il savoir laquelle. De plus, assez fasciné par ce qu’on découvrait, on voulait pouvoir en parler, même si possible être en mesure de l’expliquer, par exemple sur un blog à venir (celui que vous lisez donc…).

Alors on a repris notre bachotage, et les choses ont bien vite dégénéré.

Cela a dégénéré de la manière suivante : à la limite de l’écœurement, saoulé par l’euphorie quasi-générale à propos de tout et n’importe quoi dans le domaine, nous avons vite été attirés par certains discours qui tranchaient avec l’unanimisme ambiant. Bien-sûr, nous n’étions pas en mesure de vérifier toute la pertinence de ces discours, mais au moins ça changeait. Et il s’avère que ces gens à la parole différente que nous commencions à écouter étaient tout à fait sérieuses.

C’est Andreas Antonopoulos qu’on voyait secouer le cocotier en premier. C’était lors d’une intervention à propos des fameuses ICO. Il expliquait que ce nouveau modèle de levés de fonds était peut-être un vrai progrès, mais il estimait aussi que jusqu’à présent, à vue de nez, 95% de ce qui était issu des ICOs ne valait rien.

Badaboum… En une phrase le gars mettait 95% des tokens listés sur CoinMarketCap à la poubelle. C’était rafraichissant !

Au même moment, on tombait sur des commentateurs comme Tone Vays (et sa bande…).

Le premier point important à son propos est qu’étant donné sa coupe de cheveux on est sûr qu’il n’est pas là pour faire du glamour et embobiner le chaland. Le second point, qui prolonge le premier, est que cette personne étonnante semble totalement dépourvue de surmoi dans ses domaines d’expertise (crypto-monnaies et finance…). C’est à dire que quand le gars pense qu’un token est merdique, il le dit. Et comme il pense que tous les tokens sont merdiques à part le bitcoin, ça fuse pas mal avec lui !

En l’écoutant, on découvrait vite de nouveaux mots comme « shitcoin », « scamcoin », « btrash » (pour bitcoin cash…), etc.

Pour être précis, on l’a découvert dans une vidéo où il s’attaquait aux premiers hedge-funds spécialisés dans les crypto-monnaies, qui faisaient alors leurs apparitions en promettant des rendements ahurissants. Il s’en prenait également à l’incompétence et à la complaisance de la presse d’actu crypto.

Elle contient une séquence d’anthologie, l’interview d’une plantureuse blonde « numéro deux » d’un nouvel hedge-fund dont la compétence en matière de crypto-monnaie est d’avoir de gros seins. Regarder au moins en partie ce document est vraiment instructif, cela aide à immuniser contre la bullshit qu’on rencontre partout dans le domaine.

4ème étape : bitcoin maximalisme

Ainsi engagé sur la pente fatale, nous avons fini par devenir des bitcoin maximalistes modestes.

Être un bitcoin maximaliste c’est penser en gros que seul le bitcoin est intéressant et que le reste ne vaut rien ou pas grand chose.

Nous y ajoutons le qualificatif modeste car nous revendiquons un droit à l’erreur dans un domaine compliqué où les choses changent vite et où notre compétence reste limitée.

Néanmoins, on peut dire que globalement, le maximaliste ne s’intéresse dans tous les cryptoactifs qu’aux systèmes globaux à l’image du bitcoin. Par ailleurs, à tort ou à raison, il pense que parmi eux seul le bitcoin compte vraiment et que les autres sont plus ou moins inutiles, plus ou moins voués au second plan, sinon à la disparition.

Le maximaliste regarde aussi avec un grand scepticisme tout ce qui provient des ICO. Il n’a que faire de ces tokens centralisés, souvent surévalués, qui semblent ne servir qu’à lever des fonds pour untel ou untel en profitant de la mode crypto.

Ce jugement peut paraître lapidaire et injuste. Il n’y a en effet aucune raison en théorie que des projets sérieux portés par des entreprises sérieuses ne puissent voir le jour adossés à un token qui pourrait alors devenir un investissement intéressant. Mais à tout prendre, de cela le bitcoin maximaliste se fout. Il est intéressé par la révolution monétaire que pourrait être le bitcoin, non par la cuisine spéculative sur un nouveau genre d’actions électroniques liées à des start-ups.

Justifications

Le cheminement pour arriver à ces opinions est à la fois simple et cohérent.

Comme tout le monde plongeant dans les cryptos-monnaies, nous avons commencé par essayer de comprendre ce qu’est et comment fonctionne le bitcoin. Et dès lors c’est le drame. Car un minimum de compréhension immunise contre beaucoup de choses qu’on lit ou entend sur le sujet.

Saisir la nature du bitcoin entraine qu’on le sépare, éventuellement avec quelques uns de ses petits frères, du reste des crypto-actifs et de tout ce qui a été ICOisé.

Comprendre la blockchain, avec sa grandeur (pouvoir faire marcher un système monétaire ouvert et décentralisé), et sa faiblesse (être une usine à gaz du genre bien lourdingue dont la croissance est un casse-tête technique monstrueux), rend suspicieux face à toute blockchain-mania excessive.

« la blockchain c’est génial, on va tout faire avec ».

Mais bien-sûr…

On est vite arrivé vite à la conclusion que la blockchain est bien pour le bitcoin et certains de ses clones (et encore, sous réserve que le problème de « mise à l’échelle » se règle comme attendu…) mais pour ce qui est d’autres cas d’usage, cela reste encore à voir.

Pareil avec la notion de « décentralisation » qu’on voit reprise dans les descriptifs de tokens en promo. Si elle fondamentale avec dans un système sans censure du type Bitcoin, on peut se demander à quoi elle rime dans de nombreux autres systèmes, surtout si à la base ces systèmes sont fermés et dépendant d’une maison-mère…

Et ainsi de suite…

En résumé, quand nous sommes arrivés nous avions l’impression de voir partout plein de crypto-monnaies toutes plus géniales les unes que les autres. Comprendre le bitcoin et le fait de porter un regard un peu critique nous a convaincus qu’il y avait en fait lui, et le reste loin derrière…

Une des conséquences de ce cheminement non prévu est qu’au départ nous voulions parler sur ce blog des crypto-monnaies. D’où son nom à vocation un peu large d’Easy-Crypto. Comme on ne traite surtout que du bitcoin, nous aurions en fait mieux fait de nous appeler Easy-Bitcoin ou EasyBTC

Le cas Ethereum

Comme nous l’avons raconté au début, nous sommes entrés dans le monde merveilleux des crypto-monnaies par le minage d’ethers, qui continue d’ailleurs. Se pourrait-il que nous minions une crypto-monnaie en laquelle nous ne croyons pas ?

Le sujet est compliqué et nous reviendrons dessus plus en détail. Mais même si c’est triste à dire, il y a un peu de ça.

Même s’il ne colle pas à certains critères de l’orthodoxie du maximalisme bitconien, le projet Ethereum est beau et intéressant. Sauf que nos hypothèses actuelles sont que sa difficulté technique pourrait tout simplement s’avérer trop grande, que son utilité pourrait être moindre qu’escompté, et qu’un risque de rififi judiciaire pourrait exister autour de lui.

Dès lors, tel que nous voyons les choses aujourd’hui, le futur d’Ethereum nous parait assombri par de lourdes questions…

Ceci dit, nous aimerions beaucoup nous tromper. Et si, pour commencer, Vitalik Buterin pouvait nous sortir du code informatique magique de son chapeau, on signe !

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