Crypto-Chroniques 3 : crypto-hécatombe politique ?

Partagez cette page

Une avalanche de nouvelles catastrophiques, vraiment ?

Ce 16 janvier est un jour de chute libre pour tout le crypto-marché. Une bonne vieille chute comme il faut, où les monnaies en baisse de seulement 20% s’en sortent pas trop mal…



 

Crash crypto-monnaies sur CoinMarketCap le 16-01-18 19h20

Que se passe-t-il cette fois ?

Après un petit tour des grands sites d’actu-crypto, il semble qu’en quelques heures se soient enchainées différentes annonces de la part de politiques et de régulateurs en tous genres, comme résumé ici par ce billet de ZeroHedge.

Il y a d’abord la Corée du Sud qui continue de souffler le chaud et le froid. Il faut savoir que la Corée du Sud est un contexte assez particulier dans le domaine des crypto-monnaies. La population coréenne en serait particulièrement friante et spéculerait dessus beaucoup plus que dans le reste du monde. Les sites d’échanges, en plus de pratiquer des prix sur-évalués, y seraient en outre moins sécurisés et plus anonymes. Une situation particulière qui provoque en ce moment une certaine cacophonie politique.

Ainsi la semaine dernière, le ministre de la Justice et des visites d’entreprises liées aux crypto-monnaies par la police avaient lancé la rumeur d’un sérieux serrage de vis, rumeur démentie presque aussitôt par un autre ministre après avoir néanmoins provoqué une baisse des cours. Cette fois, bis repetita, un ministre aurait encore tenu des paroles sur la « spéculation irrationnelle » et le « besoin de régulation » du secteur en laissant entendre que des mesures d’interdiction étaient possibles.

Ensuite c’est Steven Maijoor, le patron de l’instance de régulation financière européenne qui s’est exprimé dans une interview. Les propos repris par ZeroHedge sont que « les investisseurs doivent être préparés à perdre leur argent » en citant le bitcoin. Dans l’interview originale ce sont plutôt les ICOs qui semblent visées…

Puis une huile de la Bundesbank, Joachim Wuermeling, a énoncé quelques banalités au sujet de la régulation éventuelle du bitcoin. Selon lui, une telle régulation devrait être globale car à un échelon national ou régional elle n’aurait aucun chance d’être efficace. Incontestablement un scoop…

Pour finir, il semblerait qu’en Chine des autorités s’apprêtent à punir des sociétés liées au technologie de la blockchain soupçonnées d’arnaquer des investisseurs.

On reprend tout calmement…

Reprenons donc ces nouvelles qui auraient servi de détonateurs à la dégringolade du jour.

Le dossiers du marché de crypto-monnaies est encore au centre de l’attention en Corée du Sud. Normal vu qu’il serait le 3ème marché du pays et qu’il serait un peu bordélique. Qu’ils régulent un peu, que les clients des échanges donnent leurs identités (comme nous, comme vous…), et qu’on n’en parle plus !

Un régulateur européen met en garde, non pas contre toutes les crypto-monnaies, mais contre tout ce qui tourne autour des ICOs. C’est du bon sens ! Nous même pensons la même chose. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de le dire (cela ne saurait tarder…) mais nous renvoyons régulièrement vers des gens qui le disent sans cesse.

Les propos du gars de la Bundesbank n’appellent pas de commentaires particuliers. Et pour la Chine, des boîtes considérées comme « limites » dans leurs pratiques sont dans le viseur, dans un pays dont on sait qu’il n’est de toute façon plus le pays de Cocagne des cryptos. Rien de méchant.

Mais qu’est-ce que c’est que ce binz alors ?

Normalement, il n’y avait pas de quoi fouetter des crypto-kitties, et pourtant, comme le souligne un commentateur économique qu’on aime bien, Philippe Béchade, on serait vraiment dans une dégringolade de chez dégringolade.

On veut bien le croire pour plusieurs raisons.

Oui, il y a de la bulle dans le crypto-marché. Nous avons expliqué très récemment que les deux crypto-monnaies vedettes, le bitcoin et Ethereum, étaient dans une période difficile en raison de leurs problèmes techniques à être à la hauteur de leur succès. Elles peuvent donc être sujette à fortes correction. Quant au reste du marché, pour la faire très très rapide et quitte à être injuste envers certaines crypto intéressantes, c’est une collection hétéroclite de cotations surévaluées… (Attention, ce que nous disons là n’est pas incompatible avec notre foi dans le bitcoin, et en une moindre mesure dans Ethereum…). Donc oui, le crypto-marché est plein de bulles. Et les bulles, ça éclate.

Le marché est d’autant plus sensible qu’il est peuplé de plus en plus d’investisseurs récents moins habitués à sa volatilité. Surtout depuis que des passerelles avec la finance « classique » se créent.

Mais il y a aussi que sans être du tout dramatiques dans leurs contenus, les différentes news sensées justifier la chute actuelle renvoient quand même à la menace globale du politique contre les crypto-monnaies. Et ça, c’est le meilleur chiffon à agiter si on veut provoquer une panique, parce qu’il y a une vraie question derrière.

Le risque politique sur les crypto-monnaies

On se demande toujours comment pouvoirs politiques et régaliens vont cohabiter avec une monnaie libre et transnationale, qui par certains aspects marche allègrement sur leurs plates-bandes, comme le bitcoin justement. Jusqu’à maintenant, le privilège de battre monnaie était aux Etats, pas aux mineurs qui créent les nouveaux blocs de la blockchain. De même, les Etats n’aiment pas les systèmes d’échange en dehors de leurs systèmes de taxation. D’ailleurs, n’oublions pas que le bitcoin existe, et a du succès, en réaction à ce que les politiques ont fait de l’économie (…).

Le sujet promet d’être sensible encore longtemps tant qu’on n’aura pas de réponse. D’autant que les signaux sont souvent contradictoires. D’un côté on voit que le bitcoin intéresse et se propage toujours plus, d’un autre on a par exemple le gouvernement français, par la voix de son ministre Bruno Lemaire, qui en appelle à une réglementation globale des crypto-monnaies. En utilisant bien-sûr au passage l’argument à la con de la reductio ad terroristum (le même qui sert à vous faire montrer pattes blanches si vous voulez retirer du liquide à un guichet).

Doit-on avoir peur d’une interdiction à moyen ou long terme ? Vaste sujet et à partir de là on entre (encore plus qu’avant) dans la conversation de comptoir tant il y a de choses qui doivent nous échapper. Néanmoins nous pensons que non.

Il y aura probablement des réglementations à divers degrés. On peut même le souhaiter parce des choses méritent d’être réglementées dans le monde des crypto-monnaies (liées aux ICOs notamment…). Mais interdire en bloc les crypto-monnaies… Serait-ce techniquement possible ? Serait-ce légal dans des cadres libéraux comme l’Europe ou les USA ? Serait-ce productif si le bitcoin et des technologies proches peuvent favoriser l’économie ? Les réponses sont loin d’être évidentes. Ça va négocier, ça va frictionner, mais à notre avis ça finira bien par cohabiter.

En tout cas le match bitcoin vs Bruno Lemaire semble lancé^^ ! Et le crypto-marché n’a pas finit de faire le yo-yo à cause de ce sujet, surtout s’il est trop « bullesque »…

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *