Crypto-Chroniques 7 : Le double effet Mt.Gox et le FINCEN

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Retour de l’affaire Mt.Gox

Mt.Gox, qui est l’affaire de vol ou de détournement de bitcoins la plus retentissante, a éclaté en 2014, ce qui ne l’empêche pas de refaire parler d’elle ces jours-ci de manière très désagréable.

Basé au Japon, Mt.Gox (nom du site internet mtgox.com, si vous y allez aujourd’hui vous tombez sur des communiqués de justice japonais…) a été de 2011 à 2014 le plus important site d’achat et d’échange de bitcoin. C’était le prédécesseur des sites actuels du genre Coinbase. Il brassait tranquillement 80% des échanges jusqu’au jour où il a été découvert qu’environ 850000 tokens lui avaient été siphonnés, ce qui posa un léger problème…




En raison du montant dérobé et du nombre de clients volés, à l’époque c’était l’équivalent de 450 millions de dollars mais faites le compte aujourd’hui avec un BTC à 10 000$, il s’agit d’un cyber cambriolage d’anthologie dont on ne connait d’ailleurs pas le fin mot. Le PDG de l’entreprise, un jeune et énigmatique français aussi geek qu’antisocial du nom de Mark Karpelès, a logiquement tout pris dans la figure. Même s’il le réfute, on l’a soupçonné d’avoir été le ou l’un des voleurs, ou d’avoir été de mèche avec eux.

Quand on regarde de plus près, énormément d’éléments bizarres peuvent tout aussi bien laisser penser que Karpelès ne pourrait être que le dindon d’une farce valant des centaines de millions. C’est clairement ce que laisse entendre le commentateur bitcoin Tone Vays dans sa vidéo CryptoScam à propos de Ripple. Il semble en effet établi qu’au moment du rachat il manquait déjà des bitcoins, que MtGox était manifestement une affaire peut-être déjà vérolé, et que donc Karpeles avait acheté un rafiot qui avait déjà des trous dans sa coque…

Et que vient faire Ripple là-dedans ? Et bien en en 2011, Mark Karpelès a racheté la société MtGox à Jed McCaleb, entrepreneur brillant ayant à son actif les plate-forme de partage Edonkey2000 et Overnet, qui plus tard sera un des fondateurs de Ripple puis de Stellar.

Un citoyen russe, Alexander Vinnik, qui travaillait sur une plate-forme d’échange bitcoin, BTC-e, a été arrêté en 2017 pour blanchiment, notamment de bitcoins provenant de Mt.Gox. Mais lui aussi nie à la fois les charges pesant contre lui et tout lien avec Mt.Gox. Un tout récent documentaire audio de la BBC, The Missing Bitcoin Billions (« les milliards en bitcoin disparus ») fait le point sur l’affaire. On vous y renvoie car c’est pour une autre raison qu’on vous parle de ça…

Merci les liquidateurs !

En effet, après la chute de l’entreprise, un syndic de faillite mené par un certain Nobuaki Kobayashi a été mis en place dans le but d’indemniser les clients spoliés en liquidant des anciens actifs de l’entreprise, dont naturellement des bitcoins. Et on a appris il y a quelques jours, lors d’une réunions d’information de ce syndic, qu’il avait procédé à des reventes massives de bitcoin sur le marché.

Reventes de bitcoins apres l'affaire MtGox
Quel est le problème ? Le fonctionnement d’un marché est tel que quand on achète un bien, on fait monter son prix, et que quand on le revend, on le fait descendre. Et naturellement, si on revend beaucoup, on risque de beaucoup faire descendre. Dans le cas du marché très volatile du bitcoin, des reventes de plusieurs milliers de tokens peuvent carrément provoquer ou largement aggraver des crashs. Et si on regarde la liste de ces reventes, et qu’on regarde en même temps le cours du BTC, ça fait mal (merci ZeroHedge pour les images). On note comme qui dirait une certaine corrélation…

Crash du marché corrélés avec les reventes de bitcoins des liquidateurs de MtGox
La communauté bitcoin est donc très en colère contre M.Kobayashi, accusé d’avoir contribué à la baisse du marché de la valeur même qu’il avait intérêt à maintenir la plus haute possible. On souligne surtout une incompétence problématique, car il aurait été parfaitement possible de procéder à ces ventes de bitcoins hors du marché. On espère donc, vu que ce monsieur a encore un paquet de bitcoins (et de bitcoins cash) à revendre, que cette fois il procèdera comme il faut.

Enfin bon, en 2014 l’affaire Mt.Gox avait fait plonger le marché, plus tard les liquidateurs chargés d’indemniser les clients en remettent une couche… Bravo les gars, continuez !

Le FINCEN en embuscade

Nous avons évoqué ces jours-ci le fait que de nombreuses ICO passées étaient peut-être dans le viseur du régulateur de la bourse US, la SEC. Il semble que le FINCEN rode autour des mêmes proies.

Logo FINCEN

Le FINCEN, c’est le Financial Crimes Enforcement Network. Un peu notre TracFin à nous Français, en plus baleize et plus méchant. L’agence s’est manifestée à peu près au même moment que la SEC pour préciser que les émetteurs d’ICO sont considérés comme des « transmetteurs d’argent », c’est à dire qu’ils sont sous sa juridiction. Concrètement, un émetteur d’ICO, à partir du moment où des citoyens américains sont concernés, doit respecter certaines règles « KYC » (pour « Know Your Customer », c’est à dire que les clients doivent être identifiés) et s’être préalablement enregistré auprès de la FINCEN.

Autant dire que là encore, certains risquent d’avoir un pépin…

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