Cryptomonnaies : l’enfer du trading

Partagez cette page

Dans ce billet au titre bien racoleur (quoique…), nous souhaitons vous faire part de quelques impressions toutes simples à propos d’activités s’apparentant au trading de crypto-monnaies, de la part d’un débutant complet en la matière. Débutant, qui en plus fonctionne avec les pressions supplémentaires d’être d’une part émotif, et d’autre part de ne pas spécialement pouvoir se permettre de gros ratages dans ses opérations (cas particulièrement décommandé, une règle d’or en la matière étant d’investir seulement ce qu’on peut s’autoriser à perdre…).



 

Ces impressions feront probablement rigoler les gens dotés d’une certaine expérience et ayant déjà le cuir un peu tanné, mais elles pourront être utiles aux débutants comme nous, c’est à dire les gens qui possèdent quelques tokens et peuvent être amenés à les manipuler un minimum.

Une évidence compliquée à mettre en pratique

La première chose que nous voulons partager concerne un précepte de base du trading – et quand on dit « de base », il n’y a pas plus basique – à savoir qu’il faut vendre haut et acheter bas.

A première vue, ce n’est pas un scoop qu’il faut « vendre haut et acheter bas ». Cela paraît même être d’un bon sens tout ce qu’il y a de plus évident. Et bien détrompez-vous, dans la pratique, pour des débutants comme nous du moins, il n’y a rien de plus contre-intuitif et difficile.

Quand une valeur est haute, qu’elle vient d’opérer des bonds spectaculaires, on est en mode « roi du monde », on a potentiellement touché le jackpot et on veut que ça continue. Qui va vendre alors que la montée fabuleuse va forcément continuer malgré quelques accrocs qui commencent à apparaître sur les courbes ? Au contraire on aurait même tendance à vouloir acheter encore et encore.

Quand une valeur est basse, qu’elle vient de se crasher ou qu’elle dévale une longue pente dont on ne connait pas la fin, et qu’on est là à voir gonfler ses pertes potentielles, qui va penser qu’en fait le moment d’acheter, plutôt que de se débarrasser de ses planches pourries, approche peut-être ? Qui va penser à s’interroger calmement sur le futur de l’actif en question et ses éventuelles perspectives, plutôt que de se contenter d’un diagnostique d’avant liquidation ?

Parce qu’en effet, ce qu’on ne sait pas avant d’être en situation, c’est qu’en réalité, et surtout pour des débutants, c’est loin d’être évident de pouvoir vendre quand tout va super bien ou d’acheter quand tout semble aller mal. Contrairement aux pros, qui connaissent mieux la musique, fonctionnent sans affect, analytiquement, avec des objectifs déterminés et en tentant d’anticiper les choses, le débutant fonctionnerait d’une manière plus instantanée.

Haut – glop!
– T’as vu combien vaut mon truc ? Et tu veux vendre ? T’es malade ou quoi ?

Bas – pas glop!
– Mais pourquoi tu veux mettre ton argent dans ce truc qui ne vaut rien, t’es pas bien ou quoi ?

En d’autres termes, et même si on grossit le trait, contrairement à notre précepte de base disant que dans l’absolu il faut « acheter bas, vendre haut », on peut très facilement se retrouver à faire l’inverse, à savoir « acheter haut, vendre bas ». On peut plus vite qu’on ne le pense, souvent lors d’effets de masses, être fortement tenté par l’opposé exact de ce qu’il faudrait faire. Ce qui est à l’origine de nombreux déboires, parce qu’évidemment, quand on achète haut avant de revendre bas, on s’expose à des problèmes…

On peut toujours faire mieux

Une autre difficulté est qu’à moins d’avoir de la chance, quoi qu’on fasse, même lors d’une « bonne opération », on aurait pu faire mieux. Certes, on aurait surement pu faire pire aussi, mais c’est le plus souvent le regret du au fait qu’on aurait pu gratter un peu plus qui nous hante un certain temps.

En effet, si vous achetez ou revendez, cela ne sera certainement pas au moment du prix optimum. Vous auriez pu gagner plus (ou perdre moins) en agissant la veille ou bien la semaine suivante.

Plus généralement, on ne sait jamais si c’est le bon moment d’effectuer une opération. Enfin si, on sait bien-sûr évaluer ce qu’on gagne ou perd à telle ou telle occasion, on sait donc donc si le contexte est plutôt « bon » ou « mauvais ». Sauf qu’en fait le débutant émotif, lui, inconsciemment, ne cherche pas une bonne opération mais la meilleure opération au meilleur moment. Si bien qu’avant de cliquer son ordre, plutôt que de se concentrer sur le dur, il sera susceptible d’être titillé au plus haut point par les cent balles de plus qu’il s’imagine pouvoir gratter en attendant encore.

Ainsi, paradoxalement, même une opération juteuse qui rapporte nécessitera pour être actée de faire le deuil du rêve que ça rapporte plus. Mine de rien, ces choses là ne sont pas anodines au début…

Say No To FOMO

La faute au FOMO

A la base de tout cela, de cet instinct qui nous pousse à faire des bêtises, de cet appât du gain qui mal contenu peut provoquer des catastrophes, il y a ce que les Anglo-Saxons appellent le FOMO, pour Fear Of Missing Out. C’est à dire la peur de rater quelque chose, de manquer une occasion, de passer à côté de certains gains.

Le FOMO est vicieux car il se base sur du réel. A chaque fois il pousse à essayer de reproduire des exemples existants, de prendre à temps des parts dans un gâteau qui est bien là, bien que souvent moins grand qu’on ne le voit.

Pour utiliser une image footballistique, le FOMO pousse le débutant confronté au trading à rechercher systématiquement le jackpot, c’est à dire un but à la Pavard contre l’Argentine, alors qu’il n’a encore jamais touché un ballon de sa vie.

Dit comme cela, ça parait absurde, hein ?

Pourtant, et on en arrive au message principal de notre billet, notre débutant (nous quoi…) sera toujours pollué par cette vision du ballon qui tourne majestueusement jusque dans la lucarne, par ce rêve de la plus-value miraculeuse, ou juste par l’envie du « toujours un peu plus ». Et on a beau avoir la possibilité de se renseigner facilement sur les principaux écueils qui nous attendent quand on se lance dans des activités d’investissement, et particulièrement dans les crypto-monnaies, ce fameux FOMO, et les difficultés en général d’effectuer des opérations quand il le faudrait, sont des obstacles bien réels qu’on ne découvre vraiment que lorsqu’on y est confronté.

Nous pensions que la part, même minime, de trading qu’impliquait la possession de crypto-monnaie serait à la limite du ludique. Et bien non, au début c’est difficile, on est dans le trouble, on doit agir en sachant qu’on pourrait forcément mieux faire, chaque action contient sa part de dilemme et de renoncement…

Il n’est vraiment pas si évident de se dépêtrer facilement là-dedans tant qu’on n’a pas acquis un minimum d’expérience ou de pratique.

PS : Attention, si des mauvaises langues insinuent que les difficultés que nous évoquons viennent peut-être, et surtout, de notre propre rapport à l’argent, on se fâche !

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *