Ethereum évite probablement la correctionnelle

Partagez cette page

En cette première moitié de 2018, les crypto-monnaies sont dans le dur. Particulièrement Ethereum, la seconde plus importante, qui est en crise de croissance sur le plan technique (toujours et encore le problème de scalabilité…) mais sur qui planait en plus peut-être une menace de nature judiciaire.



Commodity ou security ?

Le problème vient de comment les gendarmes financiers considèrent tel ou tel crypto-actif, parce que selon qu’il soit classé comme une « commodity » c’est à dire une « marchandise », ou une « security » c’est à dire une « valeur mobilière » (un titre financier quoi…), la musique n’est pas la même. Une security ne peut être créée, de même que vendue ou échangée, par n’importe qui mais par des entités dûment enregistrées en tant qu’acteurs financiers auprès de certaines administrations.

Le Bitcoin et ses clones plus ou moins proches (Litecoin, etc…) sont classés comme des commodities. Par contre, l’écrasante majorité des crypto-monnaies, émises par des entreprises dans le cadre d’un financement ou issues d’ICO, penchent beaucoup plus dans la catégorie des securities. D’où une abondance de petits courriers et autres demandes d’informations envoyés par la SEC, le gendarme de la bourse US, depuis quelques mois à de nombreux acteurs de la scène crypto. Car il faut reconnaître que lors de la grande fête du slip de ces derniers mois, beaucoup de gens ont surement créé puis vendu leurs tokens avant de savoir s’ils en avaient le droit.

Le cas limite Ethereum

La menace sur Ethereum que nous évoquions vient du fait que même si cet aspect des choses est très peu évoqué, il s’avère que la question pouvait aussi se poser pour lui.

Pourquoi ? Parce que le bébé de Vitalik Buterin est un cas assez limite, avec de nombreux éléments le rapprochant d’une commodity à la Bitcoin, mais aussi d’autres susceptibles de le faire classer parmi les securities (la crypto-monnaies est issue d’une ICO, etc…). Et inutile de dire que si la seconde crypto-monnaie, avec une capitalisation (aujourd’hui) de 50 milliards, était sanctionnée, cela ferait l’effet d’un tremblement de la crypto-terre.

Hors, un ponte de la SEC, William Hinman, vient de s’exprimer sur le sujet lors d’une conférence à San Francisco, où il a tenu une parole quelque peu ambigüe mais néanmoins bienveillante.

Un ether ne rentre pas dans les securities, aujourd’hui…

Le monsieur a déclaré « based on my understanding of the present state of ether, the Ethereum network and its decentralized structure, current offers and sales of ether are not securities transactions ». En d’autres termes « présentement, un ether n’est pas une security ».

Comme Ethereum n’est donc manifestement pas vu par la police comme une security en 2018, mais aurait peut-être pu l’être en 2014, à l’époque de sa création, cette déclaration « politique » est positive puisqu’elle insiste sur le premier point et non le second. Si à l’inverse la SEC avait par exemple souligné ses « préoccupations quant aux conditions de création d’Ethereum » il y aurait eu de quoi se faire du mouron.

En fin de compte Ethereum est dans une zone grise. La SEC a le choix entre deux attitudes, une rigide ou une plus conciliante pour le business. Même si rien n’est figé dans le marbre, cette déclaration montrerait plutôt qu’on se dirige vers la seconde option…

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *