Hashgraph est-il une alternative à la blockchain ?

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À peine vient-on de comprendre, un peu, la blockchain, qu’on peut lire depuis quelques temps qu’elle serait dépassée par plusieurs autres technologies, parmi lesquelles Hashgraph. Hashgraph, développé par la société Swirlds serait même le « bitcoin killer », ou l’« ethereum killer » d’après certains. Qu’en est-il ?



 

Il est vrai que quand on la découvre, la technologie Hashgraph semble avoir tout pour elle. Comme la blockchain, il s’agit d’un mécanisme de « certification », mais mieux que la blockchain, Hashgraph n’a pas besoin de mineurs, serait souple, incroyablement plus rapide, etc. En résumé, Hashgraph, ça serait la blockchain sans ses limitations ou ses inconvénients, grâce principalement à une manière géniale, et beaucoup plus efficace, de faire communiquer les « nodes » d’un réseau entre elles (principe du « gossip on gossip protocol »). Manière qui rendrait obsolète le système de la « preuve de travail » qui est la pierre angulaire de nombreuses crypto-monnaies.

En général, quand on en est là, on pense à revendre ses bitcoins et à se mettre à la recherche du nouveau bitcoin fondé sur cette technologie. Où est-il ce « bitgraph » ou ce « bitgraphcoin » ? Et bien en fait il n’existe pas. Il n’existe pas parce que de part la conjonction d’une décision politique de Swilds allant de paire avec des incertitudes quant au fonctionnement de Hashgraph, cette technologie ne peut en l’état aller sur le terrain du bitcoin ou de toute autres crypto-monnaies décentralisée et ouverte.

Ivan vous explique les bases du Hashgraph en dix minutes…

L’incertitude en question est due au manque d’assurance que Hashgraph peut aboutir à un consensus dans un réseau ouvert potentiellement « plein de méchants », fonction remplie par la preuve de travail et les réseaux de mineurs des blockchains classiques. En effet, jusqu’à présent, Hashgraph ne semble afficher ses remarquables performances que dans des systèmes fermés, où chaque noeud participant a été enregistré ou validé (contrairement aux réseaux ouverts des crypto-monnaies décentralisée auxquels n’importe qui peut se greffer).

Dès lors on se dit qu’il y a comme un malentendu. Il semble facile de se passer des lourds mécanismes de sécurité de la blockchain si on se passe aussi des conditions qui les justifient.

Par ailleurs, la politique de Swilrds est de vendre, ou rendre utilisable son système, sous licence. C’est à dire que loin du fonctionnement libre et open-source des grandes crypto-monnaies, elle veut garder la main sur son bébé technologique. Il s’agit là d’un autre élément qui montre que Hashgraph n’est de toute façon pas pour l’instant pensé comme un système ouvert et décentralisé de la même nature que le bitcoin.

Nous ne sommes pas rentrés dans les détails techniques, mais si Hashgraph s’affiche comme une technologie intéressante, c’est dans un contexte particulier différent de celui des crypto-monnaies. Hashgraph peut devenir une alternative non pas « à la blockchain » en général, mais aux blockchains utilisées dans un contexte fermé ou privé.

Pour que de nouvelles crypto-monnaies décentralisées et « permission less » bâties sur cette technologie renvoient les actuelles au placard, il faudrait que Hashgraph devienne une technologie libre, qu’elle fasse ses preuves dans un contexte libre et ouvert, et qu’en plus on lui trouve des mécanismes de fonctionnement économique nouveau se passant du minage. Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour.

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