Retour d’expérience minage…

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Ou, les aventures trépidantes d’un mineur Ethereum totalement débutant

Alors que l’apparition de nouvelles crypto-monnaies associées à des prix qui montent assurent peut-être une nouvelle longévité à la pratique du minage, le moment est bien choisi de faire un petit retour d’expérience sur mes quelques mois d’activité en la matière.



 

Globalement, l’expérience (qui va continuer) est à ce jour gratifiante, frustrante, et re-gratifiante.

Gratifiante, car le noob total en montage et en bidouille informatique que je suis est fier de plutôt bien faire tourner ses machines depuis des mois.

Frustrante, car pour avoir pris en marche le dernier wagon du train Ethereum, je me suis immédiatement retrouvé face à une difficulté de minage en forte augmentation.

Re-gratifiante, parce que l’ether à plus de 1000$, ça met quand même de bonne humeur…

Spécifications techniques

Je suis donc un mineur Ethereum.

Je fais tourner deux mining rigs de 6 GPUs chacun.

Je tourne avec EthOS, un système d’exploitation linux light spécial minage qui permet de se passer d’un disque-dur dans ses rigs (on boot et on fonctionne à partir d’une clé USB 8 gig). EthOS s’achète chez gpuShack.com.

J’utilise le logiciel de minage Claymore, qui me permet de dual-miner des ethers et certaines autres crypto-monnaies en même temps (Decred, Siacoin…).

Question hardware, mes cartes mère sont une Biostar TB85 et une Asrock H81 Pro BTC. Mes GPU sont des AMD RX480 8Go et des RX 580 8 go (plein de modèles différents…). Mes alimentations des Cool Master 1200w Platinum. Les armatures mécano des rigs ont été commandés chez La Boutique Du Mineur et Mineshop.

Le montage des rigs

Mon expérience de la bidouille informatique se limitait au changement d’une carte graphique dans une tour et à celui de la pile au mercure d’une carte-mère. J’avoue que je n’en menais pas large à l’idée de monter mes machines, mais paradoxalement tout s’est avérer plutôt simple et fluide… une fois les problèmes d’agencement réglés.

En bon débutant motivé, après avoir potassé des heures, j’avais réussi à commander du bon matériel, sauf qu’à chaque fois cela a été compliqué de bien ordonner mes assemblages. Avec mon premier rig, j’ai eu beaucoup de mal à bien disposer mes composants, particulièrement à pouvoir espacer suffisamment les GPUs tout en les gardant « à portée » de leur branchement (longueur des risers). J’ai du faire plusieurs essais en changeant la carte-mère de position, ce qui fut plutôt énervant.

Pour le second rig, j’avais prévu le coup en prévoyant des risers plus longs. Mais cette fois ce furent certaines cartes graphiques qui s’avérèrent trop courtes pour reposer sur le support du châssis. Ce qui me valu un long moment de solitude. Direction donc le magasin de bricolage pour mettre au point un espèce de support customisé du genre mécano…

Mis à part ces problèmes, le montage a été vraiment facile. Même un truc angoissant (pour un débutant) comme l’installation d’un processeur se fait finalement sans aucun problème. Je conseille donc juste à chacun de vérifier un minimum les dimensions de leurs composants, et de prévoir éventuellement deux ou trois risers plus longs pour les GPUs se retrouvant les plus éloignés des prises PCIE des cartes-mère.

Ces précautions sembleront élémentaires à beaucoup de gens. Sauf qu’à la base je n’étais pas plus bricoleur que monteur informatique. J’avais acheté mon matériel en imaginant que j’aurais à faire à des composants et à de la connectique standardisés et de dimensions suffisantes. Et bien pas forcément en fait…

D’ailleurs, ce fut peut-être là la source de tous mes maux par la suite…

Fonctionnement des rigs

Une fois les machines montées, les essuyages de plâtres ont été longs et douloureux. N’étant pas familier de l’activité et de mes nouveaux outils,  j’ai systématiquement cherché dans de mauvaises directions quand j’avais un problème. J’ai du coup perdu énormément de temps à essayer de réparer des trucs qui n’en avaient pas besoin.

Avec un peu de bouteille, je sais maintenant que 99% des arrêts, plantages, ou crash de mes mineurs ont eu une cause unique. Mais, ça, je ne le savais pas au printemps dernier. Quand on débute et qu’une installation plante, on a tout simplement du mal à identifier d’éventuels indices. On ne sait pas encore ce qui est fiable ou pas de notre installation ou de nos différents réglages. On va donc perdre des heures sur le net, puis sur ses machines, à tester plein de possibilités la plupart du temps en vain.. Rien de mieux pour tourner en rond.

Il y a même de choses qui semblent relever parfois de la magie, là je pense à des bugs persistants qui disparaissent sans qu’on sache trop pourquoi. Dans le genre j’ai eu à faire face :

  • au bug du GPU0 qui bloque à 4MHS
  • au problème des GPUs qui n’envoient aucun signal au moniteur
  • à des « kernel panic » lors de certains boots d’EthOS, qui se règlent en bootant à nouveau sans avoir touché à rien…

Mais il y a aussi de bonnes surprises, comme des choses dont on appréhendait la difficulté qui se sont révélées plus faciles que prévu. Je redoutais d’avoir à évoluer dans un environnement linux, en fait il n’est pas compliqué du tout d’utiliser toujours les quelques mêmes lignes de commande. Je redoutais également l’optimisation des cartes graphiques. Ce fut un travail assez long (qui fera l’objet d’un billet particulier) mais au final utile et sûr.

Même l’utilisation de logiciels SSH, afin de surveiller et piloter ses rigs depuis son ordinateur de salon est simple. On prend une programme comme Putty Connection Manager, on se programme quelques macros simples (identifiants de connexion puis les instructions qu’on veut), et tout les actions courantes se font en un ou deux clics.

Les trois commandements du mineur

Après des mois d’activité, voici les trois grandes règles que je conseille aux nouveaux mineurs éventuels de suivre.

Règle 1 : s’assurer qu’un rig marche par défaut avant d’optimiser.

C’est la règle de base, il faut s’assurer qu’en mode « usine » la machine tourne bien. Ainsi, en cas de problème, le champ des possibilités est plus restreint que si on a déjà bidouillé plein de trucs. Je ne l’ai bien-sûr pas respectée.

Règle 2 : un rig qui tourne vaut mieux qu’un rig plus optimisé qui plante.

C’est très facile de perdre des heures de minage parce qu’on a poussé un peu trop sa machine. Surtout qu’en général les machines crashent alors qu’on vient juste de se coucher…

Règle 3 : tous les problèmes viennent des risers.

Les risers, la source de bien des problèmes de minage !

En cas de plantage, toujours regarder d’abord les risers. C’est ma règle des règles. C’est ma véritable vérité vraie.

99% de mes crashs GPU viennent d’eux !

Dans le petit monde du minage crypto, il y a énormément de littérature à propos des risers, qui peuvent poser plusieurs types de problèmes. Dans mon cas je peux même être plus précis, mes problèmes sont toujours venus, et viennent encore parfois, de leurs branchements dans les slots PCIE des cartes-mères.

Sans même évoquer l’usure possible de connecteurs, si l’embout d’un riser est un peu fin, ou s’il y a du jeu au niveau du branchement, une voiture qui passe dans votre rue ou une voisine qui fait tomber sa casserole peuvent provoquer une vibration qui plantera un GPU.

Il faut vraiment que vos risers soit bien et fermement branchés.

C’est à dire aussi qu’il faut ménager votre matériel, qu’il faut être minutieux et prudent quand vous les manipulez ou les branchez dans leurs ports. En début d’article, je parlais des problèmes d’agencement rencontrés en montant mes rigs. Et bien je pense que même si je ne suis pas une brute, j’ai du abimer des prises, et donc altérer la qualité de certains branchements, en ayant parfois un ou deux risers trop « tendus » qui ont « tiré » sur les prises.

Bref, vous pouvez jouer au foot avec vos alimentations, suspendre votre linge à vos câbles réseaux, mais faite très attention à vos risers comme aux slots PCIE de vos cartes-mère !

Voilà, vous venez de lire un article comme j’aurais du en lire plus il y a quelques mois. Non qu’il n’en exista pas, mais je passais mon temps à regarder comment gratter des MH/s. Je serais curieux de savoir si d’autres mineurs ont un peu le même ressenti de leurs expériences… Des avis en passant ?

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